Extrait de Dédale Vers l’Empyrée -- Votre note ?


Extrait de Dédale Vers l’Empyrée

Cédric Desseaux
jeudi 6 mai 2010
par Didier Giraud
popularité : 19%

Résumé officiel (dernière de couverture) : Le Malaise foudroie sur Terre. Les survivants s’organisent comme ils le peuvent, se comptent dans l’angoisse sans savoir si demain les rassemblera encore. Epidémie de déprime, suicides, multiplication des internements psychiatriques... De toute façon, quand est survenu le "décembre noir", tout le monde a su qu’il était bien trop tard. Mais c’était sans compter sur l’Organisation, le pouvoir en place, qui déporte et expérimente : il fabrique l’homme de demain. Depuis une communauté d’insurgés s’organise une fuite éperdue. En rédemption, Vernon embarque Léa, Gianlucca et les mômes trafiqués, au péril de leurs vies, pour découvrir la vérité...

– Notre route jusqu’au Portugal peut être dégagée, tu sais. Question de volonté.
Léa désigne le ciel et ajoute :
– Je suis protégée, Vernon, l’oublies-tu ? Et si je le suis, tu l’es aussi. Mais cela, il faut le souhaiter. Fondamentalement.
– Le plan de Durando est le meilleur qui soit à l’heure qu’il est. Mais tout tourne finalement trop rond. Nous allons nous jeter dans un traquenard.
– Vernon…
Léa apprécie l’instant, malgré la tension croissante. Elle fait glisser sa main sur la joue de Vernon et offre un sourire complice.
– Si je mets mon positivisme obsessionnel de côté, que je calcule froidement comme tu sais si bien le faire, j’en viens à me mettre à la place des agents de l’Organisation. Pourquoi souhaitent-ils monter cette histoire de toutes pièces ? Pourquoi se servir de toi et pas d’un autre ? N’oublie pas que si Durando dit vrai, il serait bien ennuyeux pour nos ennemis de savoir que nous sommes au courant de leur expérience maudite.
Léa penche la tête de côté, affable, comme pour inviter son ours à oser une confidence. Ses paupières ne se rabattent plus. Son regard devient fixe et pénétrant. Malgré son timbre rauque, sa voix sait se faire très douce et apaisante :
– Je crois que tu me caches quelque chose, Vernon. Quelque chose qui te concerne tout personnellement. Au vu des circonstances, n’ai-je pas le droit de savoir quoi ?
Comment est-elle en mesure de se douter de quoi que se soit ?
Vernon pense à Gianlucca, à sa tentative d’éclaircissement dans le salon deux heures auparavant. Au fond de lui, il sait très bien que la curiosité de Léa n’a pas été attisée par l’indiscrétion du minot. Il a gardé le secret sur ce qu’a prétendu Durando dans le tunnel, il en est sûr.
Vernon réalise, alors. Il réalise que la femme qui lui fait face est peut-être plus jeune, mais aussi plus éveillée, plus avancée sur l’échelle de l’appréhension du monde et de ceux qui le hantent. Léa est animée par une très profonde empathie. Voire d’une lumineuse intuition. Elle n’a besoin que de confirmations. Et Vernon ne se sent pas le courage de les formuler.
Instant d’amour. L’extrême bonté de Léa, ses vibrations débordantes de compassion investissent Vernon dans tout son être. Le voilà presque prêt à tout lâcher. Tout avouer. Tout révéler…
Tu sauras bientôt, songe-t-il. Patience. Si je devais accoucher cette nuit de mes terribles secrets, jamais plus tu ne me regarderais de cette façon. Et c’est ce regard qui me rend vie. Je ne veux pas te décevoir. Je ne veux pas que tu connaisses mes failles, surtout. Nous avons besoin de nous faire aveuglément confiance, Léa.



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