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Squid Game

Hwang Dong-hyeok
dimanche 5 décembre 2021
par Didier GIRAUD
popularité : 22%

Seong Gi-hun est un loser. Addict au jeu, il a tout perdu, y compris sa femme et sa fille, à la quelle il ne parvient même pas acheter un cadeau pour son anniversaire, même en volant de l’argent à sa mère, pourtant gravement malade et trop pauvre pour se payer les soins qui pourraient la sauver. Endetté jusqu’au cou auprès de la pègre locale, il risque de perdre jusqu’à plusieurs de ses organes s’il ne trouve pas un moyen de rembourser. Jusqu’au jour où un homme visiblement riche lui propose de jouer à un jeu particulièrement humiliant, pour une somme d’argent importante. Seong accepte et finit par gagner. L’homme lui donne alors une carte en lui disant d’appeler s’il veut gagner beaucoup, beaucoup plus d’argent. Après quelques heures de réflexion, il accepte et va au rendez-vous fixé. Une voiture vient le chercher, dans laquelle il est endormi par un gaz. Lorsqu’il se réveille, il se retrouve avec 455 autres joueurs comme lui. On leur apprend que le jeu rapportera une véritable fortune au vainqueur, mais que tous les perdants mourront. Mais une des règles du jeu prévoit que si une majorité de joueurs le souhaite, le jeu peut être interrompu. Un vote est alors organisé...

Série de tous les records en 2021, Squid Game a surpris tout le monde, professionnels aussi bien que le grand public, en déboulant sur Netflix et en devenant, avec 111 millions de visionnages en 27 jours, la série réussissant le meilleur démarrage de tous les temps sur cette plate-forme ! Et est-ce mérité ? Oh que oui !

Il suffit de voir le premier épisode pour s’en convaincre. Un premier épisode qui, en version plus longue et avec une fin différente évidemment, aurait pu faire un excellent film. Certes, le début est un peu trop "cliché", naïf et pleurnichard et sombrant dans le pathos à la sauce coréenne dans sa première partie. Mais la seconde... Ultra-violente, sauvage mais dotée d’un esthétisme totalement décalé, de plus remarquablement réalisée, elle donne le ton des huit autres épisodes à venir, qui seront eux aussi décalés par la nature des épreuves imposées aux joueurs, qui risqueront leur vie sur des jeux d’enfants !

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Beaucoup de commentateurs ont évoqué Hunger Games comme référence possible. Aussi sympathique soit-il, ce film destiné avant tout à un public d’ados et de jeunes adultes n’arrive pas à la cheville de Squid Game en matière de violence. La référence à Battle Royale semble beaucoup plus pertinente, car la violence du film était d’autant plus marquante qu’elle impliquait des enfants. Mais par certains aspects (l’utilisation du gaz pour transporter les joueurs, leur surveillance permanente sur des écrans dans un centre de contrôle, l’esthétique originale des lieux situés sur une île, l’existence sur place d’un responsable des jeux qui en réfère à un chef mystérieux), la série rappelle également le cultissime Prisonnier des années 70.

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Mais Squid Game possède un avantage sur les trois références citées ci-dessus : son ancrage dans le réel. La série ne se déroule pas dans le futur, ni dans un présent dystopique, et son héros n’est pas un agent secret, mais un personnage tout ce qu’il y a de plus banal. Et avec son ultraviolence, son jeu aux enjeux démesurés (la fortune ou la mort), ses organisateurs et spectateurs, elle est un reflet à peine exagéré de notre époque, d’une forme de téléréalité, de violence débridée omniprésente, d’écarts de richesses toujours plus prononcés... D’où la question, clairement posée par la série et par le personnage de l’organisateur du jeu dans le dernier épisode : quand on a tout et même plus, et qu’on s’ennuie comment se divertir ? N’irait-on pas jusqu’au jeu ultime, celui qui met en jeu la vie d’individus "qui ne sont rien" (comme a dit un certain Président de notre république), pour le seul plaisir de ceux qui ont déjà tout ? Ne s’agirait-il donc pas, avec Squid Game, d’une critique de la société capitaliste (qui est aussi celle de la Corée du sud), avec son discours consumériste "bisounours" à l’opposé de la réalité impitoyable qu’il cherche à cacher, celle d’une société où, en dépit de l’existence apparente de règles, tous les coups sont en réalité permis ?

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Ceci étant posé, l’intérêt de Squid Game ne se limite pas à cela ! Car au fur et à mesure des différents jeux, des stratégies se mettent en place. Et une fois le principe du jeu accepté et compris par les joueurs survivants, tout devient bon pour réduire le nombre de joueurs, même en dehors des jeux eux-mêmes... Alliances, calculs, trahisons se multiplient au gré des circonstances, avec des jeux parfois en équipe, parfois individuels, avec des règles favorisant parfois les premiers joueurs, mais parfois les derniers, avec des jeux faisant appel à la force ou à l’habileté... Bref, toutes les faiblesses de la nature et de l’âme humaines, toutes les failles, tous les défauts, voire les perversions, sont passés en revue et nombreux sont ceux qui, à un moment ou à un autre, vont céder à la tentation d’aider un peu le sort, condamnant à mort un allié, un ami, un(e) amant(e), pour survivre et remporter le prix. Et tout cela bénéficie d’une excellente bande originale, avec des musiques quasiment toutes du même compositeur... de même que la totalité des épisodes ont été réalisés par le même réalisateur, par ailleurs créateur et scénariste de la série, ce qui donne à la série une grande homogénéité !

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Et en dehors des jeux, d’autres tragédies se jouent. Car un policier est parvenu à s’infiltrer sur l’île, à la recherche de son frère disparu. Et certains des gardiens ont monté à l’insu des dirigeants de l’île un commerce de cadavres et d’organes, à l’aide d’un joueur médecin, qui les aide en échange d’informations sur les jeux à venir... De quoi tenir en haleine les spectateurs lorsque les joueurs sont dans une période de récupération, dans l’attente angoissée du prochain jeu.

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Le pire, pour une série de ce niveau là, aurait ans doute été une fin en queue de poisson, qui n’en aurait pas été une, ou bien une de ces fins trop faciles, trop évidentes, afin d’ouvrir la porte à une saison 2 prévisible. Heureusement, le dernier épisode évite le premier écueil, avec un double twist final, le premier révélant l’identité du créateur du jeu, et le second préparant de manière assez subtile et étonnante une saison 2 qu’on espère aussi originale et surprenante que la première... Mais ce n’est pas gagné d’avance ! Ce second écueil sera beaucoup plus difficile à éviter, d’autant que Hwang Dong-hyeok, épuisé par cette première saison, a annoncé qu’il ferait appel à d’autres scénaristes et réalisateurs pour cette saison 2...

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