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Zero Theorem (The Zero Theorem)

Terry Gilliam
lundi 17 novembre 2014
par Didier GIRAUD
popularité : 2%

Dans un avenir relativement proche, un informaticien du nom de Qohen vit de plus en plus reclus. Il est obsédé par l’idée de recevoir un mystérieux appel téléphonique et ne veut plus quitter son domicile, même pour aller travailler. Le dirigeant de son entreprise, finit par accéder à sa demande, mais à condition qu’il accepte de travailler sur un projet secret appelé "théorème zéro". Sans savoir de quoi il s’agit, Qohen accepte. Pour l’aider, on lui envoie une séduisante jeune femme, Bainsley, ainsi que Bob, un informaticien surdoué de 15 ans...

Troisième volet de son "tryptique orwellien" d’après Terry Gilliam lui-même, avec Brazil et L’Armée Des 12 Singes, Zero Theorem n’est pas le plus facile à décrypter.

Visuellement comme par son ambiance, le film est toutefois plus proche de Brazil. On y retrouve en effet une forme d’absurdité, l’omniprésence de caméras de contrôle braquée sur le "héros" du film . Mais depuis Brazil, 30 ans ont passé et les préoccupations de Terry Gilliam ont changé. Certes, on a le sentiment diffus que les personnages de Zero Theorem vivent dans un univers totalitaire, même s’ils n’en sont pas nécessairement conscients. Mais c’est presque accessoire, alors que c’était un des éléments principaux de Brazil. A l’époque, on pouvait encore craindre une forme de totalitarisme plus ou moins inspirée du modèle soviétique, telle que l’avait imaginée Orwell dans 1984. Et le personnage principal de Brazil était d’ailleurs un bureaucrate, victime d’une erreur administrative.

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Qohen est un personnage très différent. Il est totalement coupé du monde réel, ne vivant que par l’intermédiaire de ses écrans informatiques. Certes, il n’est jamais question des réseaux sociaux dans le film, mais la critique de notre société actuelle, hyper-individualiste avec une sociabilité virtuelle de façade, est évidente. Et le réalisateur ne rate pas la moindre occasion de railler avec humour quelques travers de notre société, comme dans cette scène qui se déroule dans un parc, où les différents panneaux d’interdiction sont ni nombreux qu’ils forment un véritable mur !

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L’autre cible de Terry Gilliam dans ce film, c’est l’entreprise. Avec un homme à sa tête nommé "Management" affirmant sur des affiches que "evrything is under control" et un personnage dont le supérieur hiérarchique s’obstine à l’appeler par un nom qui n’est pas le sien (Quinn au lieu de Qohen), le symbole est là aussi évident. En 1985, la déshumanisation venait de la bureaucratie, mais désormais elle vient de l’entreprise, qui décide de tout, dans lequel le "management" est une entité abstraite coupée des salariés, qui travaillent sur des projets auxquels il semblent ne rien comprendre, dont la globalité leur échappe, à tel point qu’on peut se demander si leur travail a encore un sens...

C’est d’ailleurs cette question du sens qui est au coeur du film de Terry Gilliam et notamment celles du sens de la vie et du sens de la Vie (avec un V majuscule). Car si Qohen s’interroge sur le sens de sa vie, le théorème zéro pose la question du sens de la Vie elle-même, qui semble destinée à disparaître de notre univers, tout comme chaque homme est destiné à mourir.

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Et le film lui-même, dans tout ça ? Rassurez-vous, en dépit de tout ce qui précède, il est loin d’être ennuyeux et si vous êtes fan de Terry Gilliam, préparez-vous à vous régaler ! Si vous découvrez ce réalisateur en revanche, vous serez peut être un peu déstabilisé mais vous serez sans doute accroché par son style unique, par son humour aussi* (discret mais néanmoins présent dans le film), par des décors très réussis et un casting étonnant. On reconnaît à peine Matt Damon dans le rôle de Management. La toujours étonnante Tilda Swinton n’apparaît que via un écran d’ordinateur, mais elle ne passe pas inaperçue, tout comme Peter Stormare. Christoph Waltz est un Qohen étonnant, parfois inquiétant, parfois touchant. Et la charmante Mélanie Thierry constitue l’atout charme du film, mais aussi la seule lueur d’espoir pour le personnage principal du film, la seule capable de bouleverser son univers, de lui faire oublier ses névroses...

Le seul point faible du film, c’est peut-être sa fin. Certes, on ne s’attendait pas à ce que le réalisateur nous dévoile le sens de la vie...et il aurait pu essayer d’en donner un à la vie de son personnage principal, au lieu de finir son film sur une pirouette un peu trop facile. Mais ce n’est pas une raison pour passer à côté de ce nouveau chef d’oeuvre de Terry Gilliam !

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* si vous ne connaissez pas Terry Gilliam, sachez qu’il fut un des fameux Monty Pythons, célèbres humoristes britanniques, auteurs de comédies cultes telles que Sacré Graal ou La Vie De Brian.



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