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Labyrinth

Jim Henson
dimanche 23 mai 2010
par Laurence Verdier
popularité : 19%

Suite et fin du triptyque des Mondes Féériques.

Le triptyque des Mondes Féeriques avait commencé en octobre 2008 avec Dark Crystal, pour se poursuivre avec Legend en juillet dernier. Il s’achève donc (enfin ?) aujourd’hui avec un autre film de Jim Henson : Labyrinth. Mais le monde poétique de Dark Crystal se trouve bien loin de Labyrinth. La féerie faisant place au surréalisme et à l’absurde… à outrance.

Bande annonce IMG/flv/TheLabyrinth.flv

le Labyrinth de Jim Henson reprend la trame principale du roman victorien de Lewis Carroll : Alice devient Sarah, une jeune fille fantasque des années 80 qui se perd dans les dédales d’un labyrinthe étrange où règnent créatures pelucheuses farfelues et roi cruel et attirant à la fois (David Bowie en personne !). Mais point d’effets spéciaux en 3D dans ce labyrinthe. Maintenant que vous savez tout de l’univers de Jim Henson (Comment ? vous n’avez pas encore lu mon petit article sur Dark Crystal !), vous savez donc que le film est composé des mêmes « ingrédients » qui ont fait de Dark Crystal un chef-d’œuvre : des acteurs réels évoluant au milieu de créatures (marionnettes) dans des somptueux décors tout droit sortis de l’imagination de Jim Henson et inspirés des illustrations de Brian Froud et des romans pour enfants.

Même si les millions de dollars de George Lucas, le producteur exécutif du film (mais producteur aussi du nanar Howard the duck !) ont permis à Jim Henson de donner vie à de magnifiques décors (le labyrinthe et quelques personnages singuliers restent les seules réussites du film), on sort de ce labyrinthe avec une impression assez mitigée. Pourtant les ingrédients étaient bien là pour faire de ce film un chef-d’œuvre : Jim Henson, Alex thompson, Brian Froud et Trevor Jones, « accompagnés » de la sublime Jennifer Connelly et de David Bowie.

Malheureusement là où Dark Crystal et Legend réussissent le pari du conte de fée « filmé », Labyrinth joue la surenchère du « non-sens », pour se perdre très vite dans l’infantilisme et le vulgaire (pets, rots et autres chorégraphies bâclées…). Ne cherchez pas de morale, de messages dans Labyrinth, car ce n’était pas l’intention de Terry Jones, aux commandes du scénario, le sempiternel message des films de Fantaisie « la dualité bien contre mal » reste simpliste, certes, mais permet au moins une progression dans le scénario. Ici, place à une succession d’idées délirantes de l’ancien Monty Python. Mais le génial créateur de Eric Le Viking, du Sens de la Vie se lâche trop dans les dédales du labyrinthe. Seuls son marais de l’éternelle puanteur (sorte de fosse septique bouillonnante) et son puits de mains « craspecs » et « baladeuses » sont des créations audacieuses mais qu’il aurait fallu modérer un peu, surtout dans un film pour jeune public. Les couleurs criardes, les créatures trop « Muppet Show » (je pense en particulier aux scènes ratées avec les « Fireys ») éloignent l’idée principale du film : la perte de l’innocence. On est donc bien loin de la poésie de Dark Crystal ou Legend.

Beaucoup de clins d’œil font d’ailleurs référence à tous ces films de Fantaisie (les fées-libellules rappellent la fée Clochette de Legend, mais celles-ci sont constamment aspergées par le vaporisateur de Hoggle, un des compagnons de voyage de Sarah !). Des compagnons atypiques et bien irrévérencieux : Hoggle ira jusqu’à uriner dans une mare, l’autre, une créature de 80 cm, chevauche, arrogant tel Lancelot, un Berger des Pyrénées (le Berger de la race canine, pas l’un des vaillants guides de nos belles montagnes !) égratignant les amis « lissés » de Dorothy dans le Magicien d’Oz. C’est amusant et déroutant à la fois, mais n’aide jamais à la progression du film. Le scénario étant malheureusement bien maigre :

Sarah, une jeune fille rêveuse de 13 ans, doit garder un soir son demi-frère Toby pendant que son père, sort avec sa nouvelle femme, une « mégère » selon la jeune fille. Agacée par ce baby-sitting forcé, Sarah invoque les forces maléfiques des contes de fées pour que celles-ci emportent très loin le petit Toby. Jareth, le roi des Gobelins l’a entendu. Il apparaît alors par la fenêtre de la chambre de la jeune Sarah et emmène Toby dans son royaume après avoir lancé un ultimatum à la jeune fille médusée : traverser le labyrinthe en moins de 13 heures ou Toby deviendra un Gobelin.

Malgré beaucoup de « recoins sales » dans ce labyrinthe, il y a quand même des pièces magnifiques et lumineuses grâce à la présence dans presque chaque plan de Jennifer Connelly.

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Après avoir interprété une jeune adolescente « collectionneuse » d’insectes étranges pour Dario Argento dans Phenomena, la belle actrice incarne magnifiquement l’innocence en proie aux troubles des premiers émois propres à l’adolescence. Emois ici incarnés par l’insolite David Bowie, habitué aux rôles décalés L’homme qui venait d’ailleurs, Twin Peaks, Furyo, les Prédateurs) et arborant une perruque synthétique et un maquillage rappelant l’époque de Ziggy Stardust mais malheureusement sans l’attitude Glam Rock qui aurait évité le ridicule (Ah ! David Bowie dans son petit collant flashy, faisant tournoyer ses petites boules de cristal malicieusement… un régal !).

On retrouve Trevor Jones (Excalibur, Dark Cristal, Dark City) pour la bande originale du film. Avec David Bowie en tête d’affiche, on aurait pu espérer une fabuleuse collaboration entre les deux artistes pour donner vie à un album unique. David Bowie, alors en plein déclin artistique, se perd dans une mélopée de claviers, cédant à la mode Pop « clippesque » dans les cinq titres chantés. Pourtant, j’avoue avoir été « troublée » la première fois que j’ai vu ce film (j’ai presque le même âge que l’actrice) par la scène du bal quand David Bowie fait danser Jennifer Connelly dans sa robe de princesse (Jennifer dans la robe, pas Bowie… il est, lui, en collant !), tandis qu’on entend « As the world falls down ».

J’entends déjà le docteur FrankNFurter se gausser d’un tel émoi de ma part…

Peu de morale dans ce film « picaresque » où règnent l’absurde et le décalage, mais beaucoup d’influences cinématographiques et littéraires. Ainsi l’univers de l’écrivain Jorge Luis Borges se retrouve bien sûr dans la métaphore du labyrinthe (la Vie étant semée d’embuches, d’illusions, ou d’énigmes…). On peut noter aussi une référence à l’artiste surréaliste MC Escher dans la structure du royaume de Jareth, une autre à Jean Cocteau pour le « Puits de mains sales ».

A cause d’un scénario réduit au minimum et une surenchère de peluches aux couleurs criardes et mal chorégraphiées, Jim Henson est passé à côté de son sujet : la Fantaisie, porte ouverte au monde de l’enfance et à la perte de l’innocence. Mais il faut bien sûr découvrir Labyrinth si on aime (re)voir Dark Crystal et les Muppets Show. Si ce n’est pas le cas, il vaut mieux passer son chemin et ne pas risquer de s’y perdre ou glisser sur une peluche grossière… ou mal embouchée.

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Commentaires  (fermé)

Logo de dr frankNfurter
dimanche 23 mai 2010 à 16h30, par  dr frankNfurter

Rah mais je vous arrête tout de suite, je ne me suis pas gausser d’un tel émoi... hum ^^
Et pour en remettre une couche, Labyrinth ou le beau plantage de Jim Henson après nous avoir émerveillé avec Dark Crystal . Faire côtoyer marionnettes et acteurs vivants n’étaient peut-être pas non plus une bonne idée, tout du moins difficile, à faire glisser le film plus facilement vers le grotesque.
Quant à la scène des Fireys, au secours !!!! :-P

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