Possédée ( The Possession )

Peu après avoir divorcé, Clyde se rend à une brocante avec sa fille Emily. Lui achète de quoi équiper sa nouvelle maison mais sa fille tombe sous le charme d’une étrange boîte en bois, apparemment impossible à ouvrir. Et lorsque Emily commence à se comporter de manière étrange, Clyde et son ex-femme Stéphanie mettent cela sur le compte de leur divorce, pensant que leur fille est psychologiquement perturbée. Mais ils vont devoir se rendre à l’évidence : Emily est victime d’un esprit malveillant qui était enfermé dans la boîte et qui désormais possède le corps de leur fille...
Qui dit possession rappelle immédiatement à l’esprit des amateurs de films fantastiques les images de l’Exorciste, qui sont parmi les plus marquantes de l’histoire du genre, si ce n’est du cinéma. Et jusqu’à présent, aucun film traitant du sujet de la possession n’avait réussi à s’en démarquer et à faire oublier (sans parler de surpasser) le film de William Friedkin.
Possédée y parvient en grande partie et c’est sans doute sa principale qualité. Comment ? Pas en ayant recours à un dibbouk, plutôt qu’à un démon issu de la "mythologie" catholique, mais tout simplement en trouvant des images différentes, en évitant de reproduire les scènes et les effets horrifiques que chacun connaît et reconnaît aujourd’hui comme les principaux symptômes de la possession. On sait en effet que les zombies boitent, que les vampires mordent... et on sait aussi que les possédés débitent des insanités, parlent des langues inconnues et sont capables de contorsions invraisemblables ! Mais on ne trouve rien de tout cela dans Possédée.
Sam Raimi a eu du nez en produisant ce film signé par un réalisateur Danois assez peu, en tout cas pas dans le domaine du fantastique et de l’horreur. Car Ole Bornedal, sans chercher à surenchérir sur des images qui avaient horrifié toute une génération en 1977*, parvient à créer un ambiance réellement pesante et angoissante, avec une tension qui ne cesse de monter, servie par un scénario plutôt habile et pas si prévisible qu’on aurait pu le craindre.
La bande son, redoutablement efficace (comme dans l’Exorciste !) y est pour beaucoup. Mais il faut avouer aussi que certaines scènes sont particulièrement bien trouvées, parfois étrangement esthétiques (les papillons de nuit) mais parfois aussi assez dérangeantes (comme celle des dents, par exemple...). Et Jeffrey Dean Morgan (déjà vu dans Watchmen, ainsi que dans le rôle du père des deux héros de la série Supernatural) y est parfait, de même que Kyra Sedgwick ( Drôles de Fantômes,Phénomène, Ultimate Game).
Même si on avait bien aimé L’Exorcisme d’Emily Rose, The Rite et Le Dernier Exorcisme, le cinéma fantastique manquait depuis plus de 30 ans d’un film de référence en matière de possession. Possédée ne fera pas oublierl’Exorciste et ne le remplacera pas, mais il sera sans doute plus parlant, plus actuel et plus donc séduisant pour les nouvelles générations !
* Il serait d’ailleurs sans doute impossible aujourd’hui de créer un tel choc chez les spectateurs, désormais trop habitués aux scènes d’horreur et aux effets spéciaux...
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