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Dollhouse

Joss Whedon
lundi 23 février 2015
par Didier GIRAUD
popularité : 1%

Dollhouse est une société d’un genre un peu particulier, qui agit dans le plus grand secret. Elle utilise des volontaires appelés "réactifs"dont la mémoire et la personnalité sont effacées pour être reprogrammées, et qui sont ensuite "loués" par de très riches clients pour accomplir certaines missions ou réaliser certains fantasmes... Mais une de ces réactives, Echo, semble conserver quelques traces de son ancienne personnalité, de même qu’Alpha, un réactif qui parvient à s’enfuir du centre après avoir défiguré le docteur Claire Saunders et qui semble obsédé par Echo... comme Paul Ballard, un agent du FBI convaincu de l’exsitence de Dollhouse, qui est à la recherche d’une certaine Caroline...

Voilà une série déstabilisante ! Déstabilisante d’une part parce qu’elle ne ressemble à aucune autre et d’autre part parce qu’elle a beaucoup évolué entre ses premiers et ses derniers épisodes, ne serait ce que sur la première saison qui, pourtant, n’en comportait que 13 (comme la seconde, d’ailleurs).

On pouvait se dire avec les 5 premiers épisodes de la série que finalement, Dollhouse était une série plutôt classique. Partant d’une idée pas si nouvelle que ça (on se souvient des fantasmes nés de la guerre froide et des rumeurs concernant d’hypothétiques techniques de lavage de cerveau permettant de "programmer" certaines personnes pour tuer une cible prédéterminée simplement en prononçant un "mot-clé"), on se disait alors que chaque épisode consisterait en une "mission" de l’héroïne de la série, programmée à chaque fois avec une personnalité différente et des capacités différentes. Un peu comme l’héroïne d’Alias qui empruntait pour chacune de ses missions une identité et une coupe de cheveux différentex... sauf qu’ici, il s’agit d’emprunter à chaque fois une personnalité entière, le plus souvent composée de toutes pièces !

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Puis, à partir du 6ème épisode, on se dit qu’il y a autre chose, que la série est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. On se rend compte que les "poupées" (Dollhouse signifie "maison de poupées") ont conservé une part plus ou moins importante de leur ancienne personnalité, voire pour certains, une part des personnalités qui leur ont été implantées, que d’autres développent des sentiments, même dans leur état de oupées (comme Victor et Sierra*, qui tombent amoureux l’un de l’autre). Et on se rend compte des usages différents qui peuvent être faits de cette technologie, qui peut aller jusqu’à assurer une sorte d’immortalité à un individu dont l’esprit pourrait passer de corps en corps (comme dans l’épisode Post Mortem, dans lequel une femme décédée, dont l’esprit a été implanté en Echo, enquête sur sa propre mort).

Mais ce n’est rien par rapport au choc de l’épisode de clôture de la 1ère saison, qui se situe en 2019 et qui nous montre qu’un usage perverti et massif de la technologie de la Dollhouse a provoqué le chaos et l’effondrement de la société ! La série reprendra ensuite son cours "normal" lors de la saison 2, jusqu’au dernier épisode qui, là encore, se situe dans l’avenir.

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Et tout cela ne vous donne qu’une idée de la richesse et de la complexité de cette série, qui aborde de très nombreuses thématiques et soulève un certain nombre de questions d’ordre éthique. Car pour appeler les choses par leur nom, la seconde mission d’Echo (comme d’autres par la suite, qu’il s’agisse d’elle ou d’autres poupées) n’est rien d’autre que de la prostitution. Car évidemment, un certain nombre de "commandes" provenant des riches clients (et même clientes) de Dollhouse sont de nature sexuelle ! Les plus pudibonds pourront toujours se consoler en se disant que les personnages ne gardent aucun souvenir de leurs missions, mais quand même...

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Et ce n’est pas la seule question d’ordre moral soulevée par la série, parfois très ambigüe sur les motivations de Dollhouse et de leurs responsables (car on apprend au cours de la série qu’il ya plusieurs "maisons de poupées"). Le personnage d’Adèle DeWitt, directrice de la Dollhouse, peut ainsi sembler par moments très amicale et très protectrice vis à vis de ses "poupées", mais aussi froide et impitoyable à d’autres moments, avec une conception très personnelle du respect du contrat de 5 ans signé par ses pensionnaires... par exemple lorsque Echo est programmée pour devenir la mère d’un nouveau-né, ou lorsque Victor se retrouve avec la personnalité d’un tueur en série, pour les besoins de l’enquête, sans parler de l’utilisation qu’elle fait de Sierra auprès d’un client un peu particulier ! Et que dire du personnage de Topher, sympathique mais véritable apprenti sorcier, seulement intéressé par ses expériences et ses recherches sur le cerveau et la technologie de l’implantation (qui finiront d’ailleurs par conduire au désastre) ?

Le problème, c’est que la série n’a pas trouvé son public. Et pour cause, les changements fréquents d’orientation avaient de quoi perturber le public et les audiences, Joss Whedon ne parvenant pas à se décider sur l’orientation à donner à la série, évoluant sur un fil sous la menace d’une certaine censure (le contenu sexuel étant parfois assez explicite). Du coup, il introduit différentes intrigues dans la série, trop sans doute, au point d’en en abandonner certaines en cours de route... Le personnage de Paul Ballard, qui semblait menacer Dollhouse finit ainsi par rejoindre l’équipe d’Adèle DeWitt. La menace d’Alpha, ce réactif iincontrôlable et psychopathe qui a conservé la mémoire de toutes ses personnalités, y compris la sienne qui était déjà une personnalité multiple (! !!), présente sur les 2 saisons, n’apporte finalement pas grand chose à l’histoire, si ce n’est en la compliquant inutilement. On finit même par se perdre un peu avec les histoires tortueuses de Claire Saunders, ancienne poupée défigurée par Alpha et transformée par Topher en médecin pour les besoins de Dollhouse, et de Mellie, une poupée programmée pour surveiller Paul Ballard, dont elle tombe amoureuse alors que son contrat touche à sa fin...

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Et pourtant, il y a de l’action, dans Dollhouse ! Et du sexe, aussi (soft quand même, c’est d’une série télé dont on parle) ! Et de ce point de vue là, les amateurs de jolies filles ne seront pas déçus avec Eliza Dushku, omniprésente (elle est également productrice de la série) et dans toutes les tenues affriolantes possibles et imaginables, mais aussy Amy Acker (Claire Saunders), Dichen Lachman (Sierra) et Olivia Williams (Adèle DeWitt)... sans oublier quelques apparitions d’une autre actrice fétiche de Joss Whedon, Summer Glau !

Alors même si la série n’est pas exempte de défauts, même si elle s’avère parfois un peu confuse et complexe à suivre, même si certains épisodes sont un peu plus faiblards que d’autres, il serait dommage de passer à côté. Car dotée d’une ambiance particulière, d’idées originales, d’une véritable réflexion sur la nature de l’identité, Dollhouse ne ressemble à aucune autre série !

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* les "prénoms" des poupées correspondent à l’alphabet radio de l’OTAN : Alpha, Bravo, Charlie, Delta, Echo, etc...



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