
Ambre est un monde unique. Le Monde, avec un grand M, comme Modèle.
Il existe une infinité d’autres mondes (parallèles, diraient certains) appelés Ombres et qui ne sont que des versions plus ou moins fidèles, plus ou moins proches de l’original. La Terre, notre monde, n’est qu’une de ces Ombres par mi d’autres.Et comme par hasard, c’est l’Ombre dans laquelle vit Corwin, au début du roman.
Corwin vient d’avoir un accident de voiture, se retrouve amnésique dans un hôpital, et ne tarde pas à se rendre compte que certaines choses ne tournent pas rond. Au fur et à mesure que la mémoire va lui revenir, il va reprendre contact avec des membres de sa famille, qui vont le ramener en Ambre (seuls les princes d’Ambre ayant le pouvoir de se déplacer entre les Ombres). Là il va peu à peu redécouvrir ses pouvoirs de prince, et se rendre compte qu’une vaste lutte s’est engagée pour le trône laissé vacant par Obéron.
Il va notamment traverser la Marelle (création magique qui permet à un prince d’Ambre de se rendre instantanément à l’endroit de son choix), ce qui va lui rendre la mémoire, et redécouvrir l’utilisation des Atouts, ces cartes qui représentent chacun des princes d’Ambre et leur permettent de communiquer entre eux où qu’ils soient (même dans les Ombres les plus reculées), et éventuellement de se déplacer, là aussi instantanément (sous réserve que le prince appelé accepte que l’appelant le rejoigne).
Corwin va naturellement être candidat au trône, et il va affronter Eric, le mieux placé de ses frêres dans la course au pouvoir. Il sera battu, et placé en cellule, les yeux brûlés ... Là, il rencontrera Dworkin, sorte de magicien fou et génial, inventeur de la Marelle et des Atouts, emprisonné par Obéron (qui le craignait) avant sa disparition. Corwin finira par s’évader, et pourra dans le volet suivant (Les Fusils d’Avalon) préparer son retour et sa revanche...
Pas de trolls donc, ni d’Elfes ou autres créatures qui fréquentent assidument les sagas d’Heroic Fantasy. Pas de dieux malfaisants non plus. Pas de quête non plus, à laquelle participeraient une joyeuse bande de personnages tous plus hauts en couleurs les uns que les autres. Non, décidément, la série des Princes d’Ambre ne ressemble à rien de connu, et c’est tant mieux ! Ses héros sont très proches de nous, avec des défauts et des qualités bien humains, et sont loin d’être manichéens (autre différence avec l’Heroic Fantasy, où généralement les méchants sont très méchants et les héros vraiment héroiques). Et l’univers dans lequel ils évoluent aussi. Et c’est bien normal après tout, puisque la Terre n’est qu’une Ombre d’Ambre ...
Cette idée géniale de mondes parallèles régis par des lois magiques offre à l’auteur d’infinies possibilités pour ses intrigues, et ce premier volet ne nous donne qu’un aperçu des complots que le héros va devoir déjouer pour parvenir à ses fins.
Ce livre est un pur moment de plaisir : c’est facile à lire, c’est prenant, c’est intelligent, parfois amusant, original et surprenant. Mais pourquoi n’y en a-t-il pas davantage, des bouquins comme ça !!!???
J’ai du lire quatre ou cinq fois cette EXCELLENTE série fantastique. Roger Zelazny réussit le miracle de créer un monde totalement original, dont les personnages sont en quelque sorte des demi-dieux en lutte pour le contrôle de l’univers... Ou des univers !
Cette série est bien écrite, avec un univers remarquable d’originalité et de cohérence. En outre, les coups de théatre sont bien amenés. Les personnages ne sont ni totalement bons, ni totalement mauvais. Et le fantastique est présent à chaque page.
La série est excellente, même si à mon sens le dernier volume (Les Cours du Chaos) est un peu trop rapide à mon goût.
Roger Zelazny a par ailleurs écrit un second cycle de cinq volumes, les Chroniques de Merlin. Si le premier tome (Les Atouts de la Vengeance) est très bon, les suivants sont assez inégaux, voire médiocres. En revanche ils apportent des précisions intéressantes sur l’univers du jeu.
Enfin, Zelazny prévoyait de cloturer sa saga par un troisième cycle de cinq volumes... Hélas non entamés, ce qui laisse comme un goût d’inachevé aux Chroniques de Merlin... Hélas !