Le Mondes des à -- Votre note ?


Le Mondes des Ã

A.E. Van Vogt
mardi 31 mars 2009
par Didier Giraud
popularité : 2%

Evidemment, pour connaître le succès, surtout à cette époque là, un roman de SF se devait d’être intello et limite philosophique ! Mais philosophique ne rime pas toujours avec soporifique... Et même si le titre lui-même du roman peut sembler rébarbatif (Le mondes des non-aristotéliciens ...), il ne faut pas s’y fier !

La terre a fini par adopter la philosophie du "non A". Et les postes les plus enviés sont désormais attribué par un ordinateur, la machine des jeux, qui testent les humains candidats à ces postes afin de déterminer leur niveau de maîtrise de la philosophie non-aristotélicienne, qui doit permettre à l’humanité de s’élever et de se libérer des anciens défauts...

Gilbert Gosseyn fait partie de ces candidats. Hélas, il ne pourra pas jouer très longtemps. Car à sa grande surprise, il n’est pas celui qu’il croyait être. Sa mémoire, ses souvenirs, semblent avoir été manipulés. Et la Machine décèle chez lui d’étranges aptitudes. Il décide alors de partir en quête de son identité. Jusqu’au moment où il meurt ... avant de renaître, et de se rendre compte qu’il est coeur d’un vaste complot galactique !

Ce qui est toujours surprenant avec Van Vogt, c’est le caractère intemporel de son écriture. S’il n’y avait pas une année indiquée pour la publication du roman, il serait sans doute quasiment impossible de le dater avec précision. Autrement dit, on n’a à aucun instant l’impression de lire un roman écrit il y a 60 ans !

Bien au contraire, le thème original du roman, ainsi que son déroulement parfois déroutant le rendent imprévisible. Pour en connaître la fin et le sens, il faut le lire jusqu’à la fin... et même jusqu’aux dernières lignes, qui révèlent un "twist" digne des scénarii de Shyamalan !

Comme souvent avec Van Vogt, on retrouve le thème du surhomme. Un surhomme un brin agaçant, d’ailleurs ... Entre son détachement non-aristotélicien vis à vis des événements qui se déroulent autour de lui et son sentiment de supérioté, renforcé par la découverte de son étrange quasi-immortalité, on finit par se dire qu’il mériterait une bonne leçon de la part de l’humanité à l’ancienne ...

Mais ce n’est pas le propos de Van Vogt qui, dans ce roman, a choisi de faire l’éloge d’un nouveau système de pensée apparu à la fin des années 40, appelé Sémantique Générale et fondée par Alfred Korzybski, qui s’interrogeait sur les jugements erronés des êtres humains. Au délà du principe général résumé par la formule "le mot n’est pas la chose réelle", ce système de pensée diffère du système aristotélicien au sens où il essaie d’appréhender les choses dans leur globalité, y compris la perception que l’on on peut en avoir, plutôt que de les analyser de manière séparée (ce qui a longtemps été la méthode scientifique prédominante). Van Vogt reviendra d’ailleurs sur cette vision de la science dans La Faune de l’Espace, avec le "nexialisme". Ce thème est particulièrement original, à une époque où la SF s’intéressait davantage à la composante "science", pure et dure, qu’à celle de la fiction et où les aspects sociologiques étaient le plus souvent secondaires.

Encore une fois, il faut le souligner, ces considérations (qui ne sont pas développées outre mesure dans le roman) ne nuisent pas à sa lecture. On suit avec beaucoup d’intérêt les aventures de Gosseyn, qui est dans la plus grande partie du roman une victime, un simple pion dans un complot qui le dépasse et dont il ne peut saisir qu’une faible partie des enjeux. Jusqu’au moment où il prend véritablement conscience de ses capacités ... et jusqu’à une fin finalement très moderne, car très ouverte à la possibilité d’une suite, que Van Vogt donnera à ses lecteurs en 1956, avec Les Joueurs du Ã.

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Le début du roman fait penser à celui du film Total Recall, dans lequel le héros (Schwarzenegger) découvre que sa femme n’est pas sa femme, et qu’on lui a implanté dans sa mémoire de faux souvenirs et une fausse identité, inspiré d’une nouvelle de Philip Dick. On peut d’ailleurs se demander si ce dernier n’aurait pas été influencé par Van Vogt dans sa thématique de la confusion entre illusion et réalité, qu’on retrouve finalement assez souvent chez Van Vogt.



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