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Elysium

Neill Blomkamp
jeudi 22 août 2013
par Didier GIRAUD, Alexis Giraud
popularité : 33%

En 2154, la terre est surpeuplée et polluée, la pauvreté omniprésente et la criminalité est devenue monnaie courante, même si elle est très sévèrement réprimée par une police de droïdes. Les riches, eux, ont quitté la terre pour Elysium, une gigantesque et luxueuse station spatiale. Max, un petit délinquant vivant dans les favelas de Los Angeles, a toujours rêvé d’aller sur Elysium. Mais sa réalité quotidienne, c’est le travail à la chaîne... jusqu’au jour où il est victime d’un accident du travail. Exposé à une dose massive de radiations, il n’a plus que 5 jours à vivre. Alors qu’il pourrait aisément le faire soigner sur Elysium, son employeur se contente de lui donner un traitement pour qu’il puisse continuer à travailler pendant ses 5 dernières journées de vie... Bien décidé à aller sur Elysium par n’importe quel moyen, Max reprend contact avec ses anciens amis délinquants, qui lui confient une mission suicide : kidnapper un citoyen d’Elysium pour s’emparer de données clés concernant la station spatiale. Max choisit de s’attaquer à Carlyle, le PDG d’Armadyne, la société qui l’employait. Mais ce qu’il va trouver en téléchargeant les données du cerveau de Carlyle va dépasser tout ce qu’il pouvait imaginer...

Elysium IMG/flv/Elysium.flv

On attendait beaucoup du second film de Neill Blomkamp après la formidable surprise de District 9. Il lui aura fallu 4 ans pour imaginer le scénario d’Elysium et réaliser le film. Et si un grand réalisateur se reconnaît à sa "patte", alors Neill Blomkamp en est un. Car dès les premières images, tous ceux qui ont vu District 9 retrouvent avec plaisir le "style Blomkamp".

Après les ghettos extra-terrestres de Johannesbourg, les favelas de Los Angeles. Mais si les décors changent, l’ambiance reste la même. Pauvreté, surpopulation, criminalité et trafics en tous genres, enfants à l’abandon, chômage et exploitation, répression impitoyable par les forces de l’ordre... Le contraste est saisissant avec les conditions de vie des privilégiés d’Elysium et leurs spacieuses villas avec piscine, leurs espaces verts parfaitement entretenus et la propreté immaculée qui règne partout.

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Elysium, c’est un peu la version spatiale, en beaucoup plus grand, d’une villa de Beverly Hills au beau milieu de Los Angeles,entourée de murs hauts et bien gardée (les vaisseaux non autorisés qui tente de s’en approcher sont aussitôt abattus), pour mieux l’isoler du reste du monde... mais le véritable thème du film n’est pas seulement l’inégalité économique. Après l’apartheid dans District 9, Neill Blomkamp a choisi de s’attaquer à la pire des inégalités, sans doute la plus injuste et la plus insupportable : l’inégalité de l’accès aux soins, l’inégalité devant la maladie.

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Le sujet n’est pas nouveau dans la SF. La séparation entre riches et pauvres a été maintes et maintes fois illustrée, dès les années 20 avec le Métropolis de Fritz Lang et la notion de ville basse / ville haute qui a souvent été reprise par la suite. Et l’inégalité devant la maladie et même devant la mort est un thème qui a déjà été traité par les écrivains de SF, par exemple avec Jack Barron et l’Eternité de Norman Spinrad. Mais ce qui s’avère troublant avec Elysium, c’est qu’on se rend compte qu’il ne s’agit plus tout à fait de SF... Bien entendu, il n’existe rien de tel aujourd’hui que ces "Med Box" capables d’éradiquer en quelques secondes une leucémie ou un cancer généralisé du à des radiations, mais on sait bien que dans bon nombre de pays dits développés, un pauvre sera beaucoup moins bien soigné qu’un riche, voire pas soigné du tout*... Sans parler de l’inégalité "esthétique", creusée par ceux qui peuvent bénéficier de coûteux traitements pour amoindrir les effets de l’âge, à commencer par les acteurs ! On n’est sans doute plus très loin aujourd’hui de mettre aux point de véritables traitements de longévité, mais qui en bénéficiera ? C’est la question que pose Elysium...

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Au delà du sujet traité par le film, le scénario est plutôt malin... mais pas tout à fait fini, hélas. Elysium, dans sa deuxième partie, reste un film d’action plutôt musclé, emmené par un Matt Damon aux performances physiques boostées par un exo-squelette... ce qui est une jolie astuce permettant de transformer un banal ouvrier en redoutable guerrier sans tomber dans le ridicule. On appréciera aussi la motivation purement égoïste du "héros", qui ne cherche en fait qu’à sauver sa peau**, ce qui est là aussi plutôt réaliste ! Ce qui est moins astucieux, c’est le dénouement du film, un peu trop simple et un peu trop beau pour être crédible. Refaire le monde (attention : spoiler !) en quelques secondes en rebootant l’ordinateur central d’Elysium, c’est quand même un peu gros. C’est dommage car cela affaiblit un peu le propos du réalisateur, qui aurait peut être du consacrer une année de plus à l’écriture de son scénario...

Heureusement, c’est le seul véritable point faible du film. Le casting est excellent, avec un William Fichtner glacial et impitoyable et une Jodie Foster aussi sévère qu’antipathique dans le rôle du ministre de la défense d’Elysium, un registre auquel elle ne nous avait pas habitués. On notera que la version française comporte des doublages assez curieux, notamment pour Jodie Foster et surtout pour le "méchant de service", Kruger, qui semble s’exprimer comme un plouc à peine sorti de sa campagne, sans qu’on sache si c’est vraiment voulu... Mais ce sont là des détails sans importance.

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Sur la forme, les amateurs remarqueront sans doute un côté cyberpunk assez prononcé, avec des implants permettant de télécharger et de stocker des données dans le cerveau (Johnny Mnemonic) mais aussi d’améliorer les performances physiques, des hackers rebelles, des forces de l’ordre (policiers, juges) robotisées et, comme dans District 9, des armes aux effets peu ordinaires !

Mais ce qu’on retiendra du film, c’est son propos social et subversif. En passant d’un budget de 35 millions de dollars à un budget de 100 million de dollars, Neill Blomkamp est parvenu à garder son âme... pour l’instant. Il reste à espérer que le succès et Hollywood ne le changeront pas trop. On verra ça dans son troisième film, qu’on attendra avec impatience !

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* Un sujet d’actualité, si on repense aux difficultés rencontrées par Obama pour imposer sa réforme du système de santé américain, pourtant loin d’être parfaite (puisque même après la réforme, il reste plus de 20 millions d’américains sans aucune couverture maladie).

** Sauf à la fin, mais n’en disons pas trop...



Commentaires  (fermé)

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vendredi 6 décembre 2013 à 21h51, par  Joe Black

Culte ! Il mérite bien même "l’ultra best of" ! ;-)
Ce Neill Blomkamp est à suivre, il a vraiment une "patte", après l’excellent District 9 (on sent une petite filiation Paul Verhoeven non ?)...
Autre confirmation : Kruger alias Sharlto Copley ! (qu’il retrouve) j’adore...
Du bon cinoche comme on aime en voir, trop peu souvent...
En fait, sur la fin, oui il y a le coté "trop beau pour etre crédible"... cependant, ce n’est pas tout à fait incohérent, vu que tout le système repose sur l’intelligence informatique de la structure et les robots "esclaves", ils arrivent, piratent le tout et deviennent maitres grace à la faille...
Pour le méchant Kruger, je pense que c’est pour "créer le personnage" qu’il a cet "accent"... après tout c’est comme ça dans la vraie vie, tous les gens n’ont pas une jolie voix et une jolie façon de s’exprimer...

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