Class of 1984 -- Votre note ?
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Class of 1984

Mark L. Lester
lundi 21 septembre 2009
par dr frankNfurter
popularité : 6%

Le cinéma nord-américain s’était emparé du problème de la violence scolaire de manière juste et engagée en 1955 dans "Graine de violence", mais quand l’ancien réalisateur de "Ça cogne et ça rigole chez les routiers" et futur cinéaste de "Commando" décide d’en faire de même sous couvert du thème anticipation, à quoi pouvait-on s’attendre ?

Bande annonce IMG/flv/Class1984.flv

Le début des années 80 marque un tournant dans les thèmes abordés par le cinéma d’exploitation, en particulier depuis deux œuvres choc sorties au tournant de la nouvelle décennie : Mad Max de George Miller en 1979 et New-York 1997 de John Carpenter en 1981. Dès lors, le cinéma (ultra)bis va s’engouffrer dans la brèche du post-apocalyptique avec en point d’orgue 1982 qui verra la même année sur les grands écrans cohabiter le meilleur, Mad Max 2 ou le délicieusement nanar Les guerriers du Bronx . Le film canadien Class of 1984 surfe ainsi plus ou moins sur la même mouvance, un vigilante en milieu scolaire mais avec des jeunes "punks" tout droit sorti d’un post-apocalyptique transalpin avec cerise sur le gâteau, l’aspect anticipation puisque les faits se passe dans un futur proooooche...

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1984, le fringuant professeur de musique Andrew Norris (Perry King alias Coddy Allen dans la série typiquement 80’s Riptide ) fraichement débarqué de sa campagne se retrouve muté au lycée Lincoln connu des environs pour sa faune rebelle et inhospitalière ( 1 ). Premier point, cette mutation ressemble étonnamment à une promotion vu l’enthousiasme et l’œil vif de notre professeur à la veste de velours, étrange... encore un idéaliste que la réalité du quotidien va briser. Tout en faisant connaissance avec son collègue professeur de biologie Terry Corrigan (Roddy McDowall) et avec les détecteurs de métaux situés à l’entrée, Norris découvre assez rapidement que son amour des gammes risque de n’être pas suffisant tant les esprits de mauvais volontés font corps à Lincoln... et en particulier un certain monsieur Peter Stegman, jeune punk (de bonne famille), qui fait rien qu’a faire exprès de saper l’autorité du gentil professeur Norris. Non comptant de refuser le fougueux et brillant Stegman dans l’orchestre du vill... du lycée, le cuistre Andrew Norris décide de remettre en cause les divers trafics de Stegman et sa bande. S’en suit une scène torride dans les toilettes du lycée, où Norris tente de subtiliser la drogue de Stegman, et le point de non retour est franchi lors de la mort accidentelle d’un élève sous l’emprise de la drogue : la tension monte, les menaces fusent, la taule des voitures se froisse, la police semble dépassée... la guerre entre les deux protagonistes est inévitable et qu’importe les dommages collatéraux tel ce massacre de lapins innocents sacrifiés sur l’autel de la vengeance juvénile.

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En faisant abstraction du sujet polémico-réactionnaire de Class of 1984 , les esprits les plus impartiaux noteront tout de même que la pilule a du mal à passer. Le genre vigilante étant déjà en soi des plus rebutants, le fait de placer l’action dans un lycée a de quoi laisser dubitatif... d’autant plus que l’aspect anticipation est avant tout un prétexte. Certes, la fiction aura dépassé la réalité si on tient compte de l’exemple de la présence des détecteurs de métaux, mais c’est tout de même peu. Disons qu’il aurait été plus intéressant de s’intéresser aux désœuvrements d’une jeunesse en manque de repère, même de manière secondaire, thème qu’on retrouve dans le chef d’œuvre de Katsuhiro Ōtomo Akira par exemple. Mais alors, que reste-t-il ? Roh mais quelques détails qui pourront toujours ravir l’amateur déviant : des situations aussi grotesques que prévisibles, des personnages frisant plus d’une fois le ridicule : Tim Van Patten (2) jouant le jeune voyou Stegman étant aussi crédible que la femme de Norris est émancipée, et plus grave pour un film qui se veut avant tout un divertissement (réac) : une action molle et stéréotypée (de quoi ravir le nanarophile mais les autres...) mais qui fit illusion puisque la violence du film aura réussi en son temps à émouvoir certains (le film fut interdit aux mineurs de moins de 18 ans en France).

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Pour finir, il convient de souligner, comme d’autres films par le passé, Class of 1984 eut droit à la mention "film culte" et comme souvent, contexte historique ou non, la dite mention a de quoi faire sourire un quart de siècle après. Certes, ce long-métrage en plus de ses deux autres séquelles moisies ouvrit la voie à d’autres navets du genre dont les fameux The Subsitute avec les deux ringards de service Tom Berenger et Treat Williams, ou le crédible Dangerous Minds (VF : Esprits rebelles ) avec Michelle Pfeiffer en ancienne militaire du corps des marines... toujours est-il que pour le côté générationnel, vous repasserez, quant au ridicule et à la morale nauséabonde, merci pour eux, ils se portent bien.

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Class of 1984 , un triste nanar faussement culte qui a la primeur d’avoir en son casting l’un des premiers rôles de Michael J. Fox dans le rôle d’Arthur "je sais qui a vendu la drogue, je sais qui m’a poignardé mais je dirais rien !".

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(1) On peut supposer que l’action se passe dans un Los Angeles proche, mais Mark L. Lester a l’idée faussement judicieuse de ne pas être explicite à ce sujet, croyant bon d’ajouter en guise d’introduction à son film : Ce film est basé sur des faits réels, même si peu de lycées sont à l’image de celui-ci aux États-Unis. Ce qui va se passer devant vos mirettes ma bonne dame peut arriver n’importe où ! Enfin dans deux ans, il vous reste ce laps de temps pour déménager à la campagne.

(2) Van Patten étant plus (re)connu pour ses talents de réalisateur TV puisqu’on lui doit des épisodes de : The Sopranos, The Wire, Sex & the City, Rome ou Deadwood.



Commentaires  (fermé)

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vendredi 29 juillet 2011 à 23h18, par  dr frankNfurter

Désolé pour le retard mais je ne suis ni étudiant et encore moins enseignant en vacances... (phrase introductive gratuite)

On va arrêtez là, je n’ai pas envie de perdre mon temps davantage. Avoir des points de vue différents sur le fond, c’est suffisamment rédhibitoire selon moi. Faire passer un triste divertissement (on va y venir) pour un film à thèse, très peu pour moi. C’est un peu comme Harry Brown avec Michael Caine. Si le film est bien réalisé (tout le contraire de Class 84), le propos lui aussi est nauséabond. Et que le propos soit réaliste dans ce film ou visionnaire dans Class, c’est globalement mineur.
Ce qui me fait rire c’est de s’arrêter sur le fond de ce film, ou son aspect visionnaire... La forme est d’une nullité crasse (finalement je comprends qu’on puisse tenter par tous les moyens de défendre le fond tant la forme est indéfendable). Un film de divertissement ennuyeux, à l’interprétation misérable, voilà ce qu’est Class 84. C’est facile prétendre que je n’ai pas vu le film, mais à ce rythme, je peux aussi prétendre que ma critique n’a pas été lu.

Vouloir défendre bec et ongle le propos du film, pourquoi pas même si ça me dépasse, mais tant d’effort pour un navet c’est une perte de temps ou du masochisme...

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jeudi 21 juillet 2011 à 14h00, par  giraud

Hé ben, ça promet ... Et moi qui voulais éviter une baston sur le site !

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jeudi 21 juillet 2011 à 09h32, par  fallon

Class 1984 n’est pas 1 film réactionnaire et encore moins 1 apologie de la violence. Si dr franckNfurter avait regardé Class 1984 les yeux ouverts (lol), il aurait constaté que le professeur use de violence envers la bande de voyous car il doit sauver son épouse seul. Pendant tout le film, le professeur essaie de dialoguer avec ces jeunes psychopathes, en vain. et surtout, le film souligne bien que la bande de Peter Stegman est 1 phénomène certes nuisible mais tout à fait minoritaire. que tu n’aimes pas le film, c’est ton droit mais tes arguments ne tiennent pas. et même si le côté visionnaire est prétexte à un film qui privilégie action et ultra-violence, il est tout de même présent. Oserais tu dire que des établissements scolaires ne sont pas frappés par des problèmes de délinquance aujourd’hui ? Mark Lester avait vu juste ne t’en déplaise.....

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mardi 19 juillet 2011 à 22h07, par  giraud

Visionnaire, je sais pas... J’étais aux States en 85, peu de temps après les émeutes raciales à Los Angeles... je pense que ça devait déjà faire un moment que des bandes de jeunes allaient en cours avec des couteaux et des flingues. Réactionnaire, je ne pense pas non plus. A ce compte là, tous les films dans lesquels quelqu’un se fait tuer et est ensuite vengé par un proche sont des films réactionnaires. Ca en fait un paquet ! Tu le dis toi même, doc : ce n’est pas un film à thèse et là dessus je suis d’accord :) Donc ce n’est pas un film à thèse réactionnaire non plus... D’ailleurs, si on le replace dans son contexte, rappelons que les Etats Unis appliquaient et appliquent encore dans la plupart des Etats la peine de mort. Donc pour eux, le sujet du film ne fait même pas débat ! Pour moi, c’est juste un film, avec pas mal de violence, un peu d’horreur sur la fin et un sujet un peu original pour l’époque et psurtout pour nous français... le sujet n’étant devenu d’actualité chez nous que depuis quelques années (hélas).

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mardi 19 juillet 2011 à 19h07, par  dr frankNfurter

Il faut croire que chez certains le massacre de lapins n’est en aucun cas répréhensible ! :-D Enfin ça aurait pu être pire, on ne tue aucun canard dans ce navet.

Sérieusement, le côté visionnaire du film me laisse d’autant plus de marbre que ce dernier est immédiatement mis à mal par une mise en scène creuse et une interprétation au ras des pâquerettes. Quant à l’argument du formatage et "c’était mieux avant gna gna", ça reste à prouver tant Class reste inefficace et mou du genou pour reprendre les propos de Thomas précédemment. Formatage ? Allez donc voir du côté du cinéma asiatique, et on en reparlera... Sans compter que Class n’étant pas un film à thèse, le supposé avant-gardisme du film peut faire sourire...
Et oui ce film, même s’il frise le ridicule par sa forme, est selon moi réactionnaire. Mais l’aspect visionnaire du film le dédouane complètement ou en partie ? La violence est certes foireuse mais complaisante et donc rédhibitoire. En schématisant on aurait voulu avoir un Mad Max au lycée, au final que reste t-il ? Une série B boiteuse, ridicule et néanmoins réac.

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mardi 19 juillet 2011 à 10h23, par  fallon

ben moi j’adore Class 1984. C’est caricatural ? Réac ? Pas exactement. Class 1984 était en avance sur son temps, les détecteurs de métaux ont fait leur apparitions dans les universités américaines peu de temps après la sortie de ce film. la violence, le racket, les trafics, les agressions contre les enseignants sont 1 réalité d’aujourd’hui dans certains établissements scolaires. le ton méprisant de la critique de ce site rappelle les indignations bien pensantes et hypocrites des médias de l’époque qui ont trainé Class 1984 dans la boue. au-dela du propos, Class 1984 reste 1 film singulier, dérangeant, bien mené malgré 1 budget limité. Et des films qui s’assument comme Class 1984 n’existent plus actuellement : on est dans le formaté ! Merci

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lundi 28 septembre 2009 à 10h39, par  Thomas

Heu, désolé, la saga des SAW devient à un certain point une apologie de la torture, ce qu’était loin d’être le premier. A partir d’une surenchère basée sur la bonne vieille excuse déculpabilisante du "Ces salauds l’ont bien cherché" (celle de tout violeur de m…) et de Jigsaw un vengeur auto-proclamé (avec quelques "règles" pour faire illusion de justice), oui, cela devient une apologie de la torture, comme "Monster" était une apologie démago du meurtre (de sales mecs bien sûr, on reste politiquement correct) encore plus gerbante lorsqu’on connaît un peu la véritable histoire…
Sinon, "Class 84", même à l’époque, j’avais trouvé ça mou du genou…

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lundi 21 septembre 2009 à 22h50, par  Didier Giraud

Pour moi, c’est juste un film qui tire un peu vers l’horreur, sur la fin. A la différence des Justiciers où on reste dans un certain réalisme qui véhicule effectivement un message réac (en plus récent tu aussi Chute Libre, de Schumacher, avec Michael Douglas). Mais dire que Class 84 est un film réac, pour moi, c’est comme dire que la saga des saw est une apologie de la torture... Et puis, si on met à la poubelle tous les films où les gentils mettent une grosse branlée aux méchants à la fin... va falloir une grosse poubelle !!!

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lundi 21 septembre 2009 à 21h42, par  dr frankNfurter

pas courante au cinéma ce genre de violence ? Et les Justiciers de Charles Branson, c’est du poulet ? :P
Visionnaire le film ? Le sujet du film en soi n’est pas le problème cher Didier, mais son traitement qui lui est foncièrement réactionnaire.

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lundi 21 septembre 2009 à 20h32, par  Didier Giraud

Hello Doc ! Pas tout à fait d’accord avec toi sur ce coup là. Culte, c’est exagéré, c’est vrai. Mais réac ... tu ferais quoi, toi, si un petit br...... comme Stegman violait ta nana ? Moi, ça me donnerait envie de sortir ma scie circulaire ! Et puis, faut avouer que c’était quand même - hélas - assez visionnaire comme film. Voir Roddy McDowall péter les plombs et faire cours avec un flingue à la main, ça m’éclate ! Et même si aujourd’hui ça nous en touche une sans faire bouger l’autre, reconnais qu’à l’époque ce genre d’ultra-violence n’était pas courante au cinéma.

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