Ender l’Exil (Ender in Exile) -- Votre note ?


Ender l’Exil (Ender in Exile)

Orson Scott Card
mercredi 28 juillet 2010
par Didier Giraud
popularité : 6%

La Stratégie Ender fut à l’origine une longue nouvelle (que vous pouvez trouver par exemple dans le recueil Sonate Sans Accompagnement), avant de devenir un roman... à peine plus long que la nouvelle ! Et le moins qu’on puisse dire, avec le recul, c’est qu’Orson Scott Card avait un peu escamoté la fin ! On avait ensuite retrouvé Ender dans La Voix Des Morts sur une lointaine planète, bien des années après. Orson Scott Card a ensuite enrichi son univers avec deux suites (Xénocide et Les Enfants de l’Esprit) et quatre autres romans consacrés au personnage de Bean, mais la vie d’Ender entre son écrasante victoire sur les Doryphores et son arrivée sur Lusitania restait floue... une lacune dans la saga d’Ender désormais comblée avec L’Exil*.

Pour sauver la race humaine de la défaite face aux Doryphores, Mazer Rackham et Hyrum Graff avaient fait d’Ender une machine à combattre, un stratège et un meneur d’hommes. Mais que faire de lui une fois la victoire acquise et la paix revenue ? Car Ender fait peur à tout le monde et de nombreuses nations craignent son retour sur Terre, pour diverses raisons. C’est la raison pour laquelle la décision est prise de l’envoyer sur une des planètes des Doryphores, désormais inhabitée, pour devenir gouverneur d’une colonie humaine.

Ender, lui, est rongé par les remords. Il a à lui seul exterminé une race entière (d’où son futur surnom de Xénocide) et ne parvient pas à comprendre pourquoi les reines des Doryphores n’ont pas prévu sa manoeuvre, pourtant relativement évidente. Obsédé par cette question, il décide d’accepter la proposition qui lui est faite, se disant qu’il trouvera peut être la réponse sur une planète autrefois occupée par ses anciens ennemis.

Il part donc pour un voyage de 2 ans, du moins pour lui à bord, accompagné de sa soeur Valentine. Pour les autres, compte tenu de la vitesse relativiste du vaisseau, quarante années se passent. Entretemps, son frère a accompli son rêve en prenant le pouvoir sur Terre, où il est devenu l’Hégémon.

Mais son voyage ne sera pas de tout repos. L’amiral qui commande le vaisseau n’a pas l’intention de céder le pouvoir, une fois arrivé, à un jeune garçon de 15 ans ! Et d’autres personnes à bord ont des projets le concernant ...

Ender parviendra à résoudre ces problèmes et d’autres encore, avec des méthodes qui n’ont plus rien à voir avec celles qu’on lui a enseignées à l’Ecole de Guerre. Petit à petit, Ender le xénocide cède la place à celui qu’on appellera ensuite "la voix des morts", celui qui mieux que personne peut comprendre et aimer son prochain... que ce soit pour l’aider ou pour mieux l’anéantir !

Andrew / Ender Wiggin est sans aucun doute, avec Paul Atréides (le héros de Dune, de Frank Herbert) le héros le plus complexe et le plus fascinant de la littérature de science fiction. Tous deux présentent d’ailleurs un certain nombre de similitudes. Malheureusement pour les fans de Dune, Paul a eu une vie courte... ce n’est pas le cas d’Ender et on ne peut que féliciter Orson Scott Card d’avoir eu le courage (car il en faut) d’assumer le fait d’avoir créé un héros d’une telle dimension et de le faire vivre et évoluer, au risque de se louper et de briser le mythe.

S’il devait un jour y avoir le "roman de trop" dans la saga Ender, ce n’est en tout cas pas celui-là ! Passionnant de bout en bout, il nous éclaire sur cette période charnière de la vie d’Ender, sur sa découverte d’une reine survivante et aussi sur l’évolution de la civilisation terrienne, avec les débuts des premières colonies. Il fait aussi le lien avec de nombreux événements décrits dans les romans autour du personnage de Bean.

On est loin des combats de La Stratégie Ender, bien entendu... mais les confrontations avec ses rivaux et adversaires, d’une autre nature, sont tout aussi passionnants, et souvent beaucoup plus émouvants,grace au talent de conteur d’Orson Scott Card. Le roman est également un hommage, comme le souligne l’auteur lui-même dans sa postface, à tous ceux qui ont connu la guerre et une véritable réflexion sur les difficultés, souvent ignorées et mal comprises, auxquelles ces combattants ont été confrontés à leur retour...

Ender L’Exil est donc une lecture hautement recommandée. Toutefois, même s’il n’est pas forcément indispensable d’avoir lu La Stratégie Ender au préalable... ce serait dommage de se priver ce chef d’oeuvre de la SF et du plaisir de découvrir ensuite cette saga dans le bon ordre !

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* Pour être précis, il faut signaler que L’Exil vient après un autre roman publié en 2007, A War Of Gifts, qui se déroule à l’époque où Ender était encore à l’Ecole de Guerre et qui à ce jour n’a pas été traduit en français. Mais ce roman, à la différence de L’Exil, n’est pas consacré à Ender.



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